Yasmina Khadra à Mostaganem

Samedi 15 juillet – Djenatou El-Arif – Fondation méditerranéenne du développement durable.

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Deux bonnes heures à écouter le romancier talentueux. La salle de conférence s’est avérée exiguë, elle ne put contenir les 300 fans dont la majorité de femmes jeunes et moins jeunes, ce qui ne déplut pas à la star qui usa de tout son humour connu pour qu’elles s’expriment.

Celles et ceux qui sont venus voir, rencontrer, échanger quelques mots ou obtenir timidement une dédicace l’ont tous lu et ont tous aimé la totalité de ses écrits. Il ne s’agissait pas de lui démontrer la ferveur qu’il prodigue, ou le nombre d’ouvrages lus ou encore analyser quoi que ce soit de sa littérature mais juste lui témoigner une affection née dans le silence d’une lecture de ce que l’auteur a écrit qui est en fait la traduction de son silence.

L’amour de ce silence a créé ce lien si fort entre Yasmina Khadra et ses lecteurs dans le monde. Mais pour les algériens plus que tout autres dans le monde Yasmina Khadra nous appartient, il est à NOUS. Cela il l’a bien compris !

Les questions qui lui furent posées l’ont été par correction vis-à-vis de l’audience mais il n’en avait pas besoin, il pouvait discourir encore et encore sur tout. D’ailleurs il n’évita aucun sujet si ce n’est celui ‘de ne pas parler des autres auteurs concitoyens’.

‘Dieu n’habite pas la Havane’ son dernier ouvrage est la raison de sa tournée mais même sans, on l’aurait accueilli avec autant de ferveur, de plaisir et d’honneur.

« J’aime mon lectorat et je me refuse de le décevoir en versant dans la facilité. Je créé mon monde, j’y habite, je tisse des liens entre mes personnages en passant de l’un à l’autre, en vivant chacun d’entre eux sans oublier de vivre la mienne. Et quand je sens que la sincérité et l’émotion y sont, je livre une partie de moi-même. »

Les fans de sa génération particulièrement les ‘bilingues’ buvaient ses paroles tant il assénait des vérités.

« Oui je parle français, c’est ma langue mais quand je suis au Japon, en chine ou dans les pays des 40 langues où je suis traduit, on me présente en tant qu’auteur Algérien, ni maghrébin, ni africain, ni arabe encore que je n’y croie pas à ce catalogue dans lequel on veut m’enfermer ; il n’y a que de la littérature point barre. »

Les écrits de Yasmina Khadra ont été adaptés au théâtre et à l’écran : ‘Ce que le jour doit à la nuit’ d’Arcady (2012) est encore dans nos mémoires, ‘la route d’Istamboul’ (2016) de Rachid Bouchareb que je viens de regarder est appréciable, il traite d’un sujet d’actualité à savoir les nouveaux djihadistes européens.

Un après-midi inoubliable avec l’auteur qui a éclipsé l’évènement phare de Mostaganem à savoir le festival de théâtre. Mais on a tellement appris à son sujet qu’il nous incite à se replonger dans ses textes pour oublier les aléas de la vie, les problèmes parfois insurmontables, la méchanceté gratuite des autres ou tout simplement ‘rêver’ pour se maintenir en vie.

« A nos jeunes, je leur dirai : ne lâchez rien ! Aucun problème n’est insurmontable, persévérez, vivez votre passion, continuez de rêver, inventez votre monde futur, vous y arriverez !»

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