Prix Lysistrata : Ghazi Ghraïri, lauréat tunisien. A titre posthume, à feu Mongi Slim

Le prix Lysistrata 2017 pour le règlement pacifique des conflits par la médiation, pour sa première édition, a été remis, hier,mardi 12 décembre 2017, lors d’une cérémonie tenue à Beit al-Hikma à Carthage, à cinq lauréats représentant la Tunisie, l’Algérie, l’Italie et la Finlande.

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« Fondé par le programme Med 21 en partenariat avec le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar), l’Institut Médiation Guillaume-Hofnung, l’Institut prospectives et sécurité en Europe, l’Institut de recherches sur la Paix Tapri et le Centre d’nalyse des différends et leurs modes de solutions (Cadmos), ce prix a pour objectif de récompenser les personnalités ayant contribué par la médiation à la résolution pacifique de conflits dans les pays de la méditerranée et dans le reste du monde », a indiqué, à cette occasion, le Président du programme MED 21, Mohamed Nadir Aziza.
« Ce prix qui porte le nom d’une femme grecque qui s’est révoltée contre la guerre pendant l’antiquité, vient symboliser l’importance du rôle des femmes à travers les âges pour promouvoir la lutte contre les guerres et la résolution pacifique des conflits par la médiation », a souligné la secrétaire exécutive du prix Lysistrata et la Présidente de Médiation Guillaume-Hofnung, Michèle Guillaume-Hofnung.
Le prix national Lysistrata 2017 a été décerné à l’ambassadeur de Tunisie à l’Unesco, Ghazi Ghérairi qui est également représentant de la Tunisie auprès de l’Organisation internationale de la francophonie. secrétaire général de l’Académie internationale du droit constitutionnel, il est titulaire de la chaire de la gouvernance des institutions publiques au Maghreb de la Fondation Europ-arabe et de l’Université de Grenade et expert senior pour la rédaction des constitutions du Yémen et de la Libye.
Ghérairi est membre et porte-parole de la Haute instance de réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et la transition démocratique en Tunisie.
Un prix Lysistrata a été décerné à titre posthume à feu Mongi Slim, homme politique et diplomate tunisien. Décédé en 1969, il a été le premier ambassadeur de Tunisie aux Etats-Unis et au Canada.
Il a été nommé ambassadeur de la Tunisie auprès des Nations Unies et élu membre du comité spécial de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Il a également occupé le poste de représentant permanent de la Tunisie au conseil de sécurité entre janvier 1959 et décembre 1960. Mongi Slim a été élu également Président de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1962. Il a par la suite été nommé ministre des Affaires Etrangères de Tunisie puis ministre de la Justice entre 1966 et 1969.
Le prix Lysistrata « Rive Sud » il a été remis à l’algérien Cheikh Khaled Bentounès qui est le guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya depuis 1975. Il a lancé à travers l’Association Internationale Soufie Alâwiyya (AISA) qu’il a fondée , « la journée internationale du vivre ensemble en paix », adoptée par les Nations Unies en décembre 2017.
Ecrivain, pédagogue, conférencier et acteur du dialogue inter-religieux, il est également connu pour avoir créer en 1999 l’association terre d’Europe, trait d’union entre l’islam et le monde occidental afin de favoriser un dialogue de paix et de réconciliation. En 2000, le cheikh Bentounès a initié le colloque international pour un islam de paix qui se déroule à l’UNESCO.
Le prix Lysistrata « Rive Nord » a récompensé la communauté italienne de Sant’Egidio et remis à son représentant, Paolo Ciani.
Fondée par le professeur Andrea Riccardi à Rome en 1968, cette communauté œuvre pour la solidarité et s’emploie à apporter de l’aide humanitaire aux populations civiles qui souffrent le plus à cause de la guerre.
Des initiatives humanitaires ont été menées par cette communauté telles que l’aide aux réfugiés et aux victimes des guerres et des famines comme dans le Soudan du Sud et au Kosovo.
Le prix Lysistrata « Reste du monde » a, quant à lui, été attribué à la finlandaise Helena Ranta, dentiste médico-légale. Elle occupe un poste de professeur à l’université d’Helsinki. Ella a contribué à plusieurs enquêtes médico-légales internationales sur des situations de conflit telles que celles du Kosovo. Elle a travaillé en tant qu’experte en médecine légale à la Fédération Internationale pour la Défense des Droits de l’Homme au Cameroun en 2002 et présidé l’équipe d’évaluation des massacres de Bagdad.
La deuxième édition du prix Lysistrata se tiendra le 24 octobre 2018 à Beyrouth au Liban.
Lancé à Rome en 2010, le Programme MED 21, à l’origine du Prix Lysistrata, est un réseau regroupant, à l’heure actuelle, 12 prix destinés à promouvoir l’excellence et la coopération en Méditerranée.
Les prix qui composent ce réseau distinguent des personnes physiques ou morales ayant contribué, de manière significative, au renforcement de la coopération méditerranéenne dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences humaines, l’économie, l’architecture, l’urbanisme, la traduction, la musique, le journalisme, la littérature et les sciences exactes.

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