Les manuscrits de Tombouctou

Les manuscrits de Tombouctou

18 novembre 2012


Jean-Michel-Djian

Jean-Michel Djian, journaliste, professeur à Paris VIII, producteur à France Culture, rédacteur en chef de la revue France Culture Papiers.

 

affiche-manuscritsAu cœur de l’Afrique subsaharienne des XVe et XVIe siècles, Tombouctou est une cité florissante qui attire enseignants et étudiants, protégés par l’empereur du Songhaï. C’est là que se partage et se propage le savoir. L’enseignement et le livre prospèrent et tous les métiers en profitent : copistes, libraires, répétiteurs, relieurs, traducteurs, enlumineurs… On vient d’Egypte, d’Andalousie, du Maroc ou de l’empire du Ghana pour suivre des cours à l’université de Sankoré. Ainsi, en pleine gloire, la ville accueillait au XVe siècle plus de 25 000 étudiants. Sur des parchemins, sur des papiers d’Orient, sur des omoplates de chameau ou des peaux de mouton, tout est noté, commenté, référé : le cours du sel et des épices, les actes de justice, les ventes, les précis de pharmacopée (dont un traité sur les méfaits du tabac), des conseils sur les relations sexuelles, des précis de grammaire ou de mathématiques.
Après l’effondrement de l’empire Songhaï au XVIIe siècle, ces manuscrits ont été oubliés, conservés dans des cantines rouillées et des caves poussiéreuses, mangés par le sel et le sable. Mais les choses changent : d’un côté, les héritiers des grandes familles ouvrent des bibliothèques privées, l’Unesco et les chercheurs du monde entier s’y intéressent. De l’autre, les récents événements au Mali, ont montré que ces trésors ne sont pas à l’abri des destructions.

 

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