CIEAEM 70 : Mathématiques et Vivre ensemble

La CIEAEM a été créée en 1950 juste après la seconde guerre mondiale par des mathématiciens, des psychologues, des enseignants venus de nombreux pays d’Europe dévastés et meurtris par la guerre, tous confrontés à des difficultés importantes concernant l’enseignement des mathématiques, la reconstruction de la société et même des pays entiers : manque d’enseignants, de matériels, et nombreux réfugiés, déplacés, orphelins. Des personnalités comme Piaget, Choquet, Gategno, Dieudonné puis Krygowska et Castelnuovo se réunissent alors pour repenser l’enseignement des mathématiques à la lumière de ces événements.
Dès le début les fondateurs de la CIEAEM ont essayé de rétablir le vivre ensemble en travaillant avec des enseignants et mathématiciens allemands et en 1953 la réunion de la Commission a lieu en Allemagne à Calw.

La situation du monde actuellement a plusieurs points communs avec celle de l’après-guerre, et l’Europe est confrontée à des problèmes assez semblables à ceux rencontrés lors de la création de la CIEAEM. Le vivre ensemble est devenu une nécessité. C’est un défi pour l’éducation en général et pour l’enseignement des mathématiques en particulier.

LE VIVRE ENSEMBLE
« C’est apprendre à entrer dans des pratiques de coopération avec tout autrui avec qui nous partageons notre présent – et à développer des sentiments de sympathie à son égard, (…) apprendre à s’engager à ses côtés.» (F.Lorcerie)

« C’est agir en synergie par des actions concrètes et positives pour l’épanouissement de chacun dans le respect mutuel des différences sur les plans intellectuel, social, culturel et spirituel. C’est construire et agir ensemble pour bâtir un avenir commun. » (Cheikh Khaled Bentounes)

 

Problématique
Vivre ensemble c’est faire ensemble : comment repenser l’éducation mathématique pour un « mieux vivre ensemble » ?

Les cours de mathématiques ne pourraient-ils pas être l’occasion de confronter la pensée mathématique, d’apprendre les mathématiques et aussi l’art de vivre ensemble, d’évoluer ensemble par la communication et le raisonnement, grâce à l’échange, la collaboration entre élèves, élèves et professeurs, entre professeurs, entre enseignants et chercheurs dans des recherches collaboratives ?
D’autre part, quel impact positif pour le vivre ensemble peuvent avoir les mathématiques dans la société humaine et pas seulement dans la classe ? Cela peut se faire par les élèves, acteurs d’aujourd’hui et citoyens de demain, par l’influence qu’ils peuvent avoir sur leur famille en modifiant leur comportement, par des actions mathématiques hors les murs des écoles et des universités.
« Historiquement, la CIEAEM est européenne. Toutefois, son style attire de plus en plus de participants venant d’autres pays et d’autres continents. Leurs points de vue et leurs soucis occupent une part grandissante dans les activités de la CIEAEM et ouvrent des perspectives stimulantes bien que préoccupantes pour l’enseignement des mathématiques en tant qu’entreprise mondiale. La CIEAEM affronte le dilemme de l’échange et du partage de vues, afin d’aider et de coopérer sans toutefois imposer une centralisation sur l’Europe, en évitant ainsi une aliénation culturelle. Riche de son expérience, la CIEAEM pense que la compréhension mutuelle, l’estime sur les plans humains et professionnels ainsi qu’un discours attentif et honnête, surmontent ces difficultés. » (Manifeste CIEAEM )
« Mises à part les exigences toujours plus grandes pour les qualifications sur le marché du travail, les institutions éducatives sont jugées, plus souvent qu’avant, par rapport à leurs contributions aux besoins socio-économiques locaux, régionaux, nationaux et parfois même mondiaux. On parle ainsi de service public, de distribution des richesses, de transfert technologique, de solutions aux différents problèmes, de production hautement qualifiée, de réduction des inégalités… pour ne citer que ces quelques exemples. » (Manifeste CIEAEM)
Aujourd’hui : les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies sont inscrits dans les programmes d’enseignement de nombreux pays. Parmi ceux-ci les 5 objectifs suivants sont plus particulièrement en rapport avec l’éducation.
Objectif 4 : Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.
Objectif 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles.
Objectif 10 : Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre.
Objectif 16 : Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes.
Objectif 17 : Renforcer les moyens de mettre en œuvre le partenariat mondial pour le développement durable et le revitaliser.
Vivre ensemble c’est faire ensemble. Quel pourrait être l’apport des mathématiques ?

 

Quelques questions concernant Mathématiques et Vivre ensemble issues du Manifeste de la CIEAEM.
Comment créer des conditions sociales aboutissant à des pratiques d’enseignement et d’apprentissage fondées sur la justice et l’équité ?
Quels sont, aujourd’hui, les bénéficiaires de l’éducation mathématique ? Est-ce différent d’il y a 50 ans ?
Comment rendre la société consciente du fait que l’éducation mathématique peut donner le sens des responsabilités et aider à promouvoir, dans une perspective démocratique, des nouvelles formes de contrats sociaux, de communication et de discours ?
L’éducation mathématique est-elle un outil puissant dans les vertus démocratiques de base, pour permettre aux gens d’avoir des pensées et des attitudes critiques?
Comment l’enseignement des mathématiques peut-il favoriser un meilleur jugement et un bon savoir faire plutôt qu’une habileté théorique ?
Etant donné l’omniprésence de la pauvreté et de la violence dans la majeure partie du monde, la coopération dans le secteur de l’enseignement des mathématiques peut-elle contribuer de quelque façon que ce soit à échapper à cette situation ?
Comment des communautés de conditions politiques, culturelles et sociales différentes peuvent-elles trouver de nouvelles voies pour mieux tirer avantage d’une coopération avec d’autres ?

Télécharger : 2e Annonce CIEAEM 70                                                                                       Inscription Enregistrement

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