UNIVERSITÉ DE PRINTEMPS

UNIVERSITÉ DE PRINTEMPS – EDITION 2015

A la mémoire du Cheikh Ahmed Ibn Mustapha al-‘Alâwî (1869-1934)
« Saint soufi et précurseur du dialogue interreligieux contemporain »

SUR LE THÈME « PENSER L’ALTÉRITÉ ET LA DIVERSITÉ CULTURELLES » POUR UNE MEILLEURE ÉDUCATION AU VIVRE ENSEMBLE

 

alawi_webA l’occasion de la reconnaissance par l’Unesco, dans le cadre du 100ème anniversaire de la fondation de l’ordre soufi du Cheikh Mustapha al-Alaoui (1869-1934) en tant qu’«école pour la tolérance et la convivialité religieuse » (EX. 192/32, novembre 2013), la Fondation Djanatu al-Arif, l’ONG internationale soufie Alawiyya AISA et l’Association Cheikh al-‘Alâwî pour l’Éducation et la Culture soufies, en partenariat avec la Coordination des écoles associées de l’Unesco en Algérie, ont décidé de consacrer l’édition 2015 de l’Université réflexion sur les notions d’altérité et de diversité culturelles pour une meilleure éducation à la culture du Vivre ensemble.

Le monde moderne s’accorde à considérer la diversité culturelle comme l’une des plus grandes richesses de l’humanité. Tout autant qu’à voir en sa préservation l’un des  « enjeux majeurs du XXIe siècle » (Unesco, Déclaration de Cotonou  2001). De ce point de vue, l’éducation à l’altérité est perçue comme le grand défi des autorités éducatives (Condat, 2008). Mais comment transmettre aux nouvelles générations cette culture du vivre ensemble et d’acception de l’autre ? Pour les spécialistes (C.f Meunier, 2007), l’éducation au multiculturalisme doit viser trois objectifs essentiels : 1. apprendre à reconnaître et à accepter le pluralisme culturel comme une réalité de société ; 2. contribuer à l’instauration d’une société d’égalité de droit et d’équité ; 3. contribuer à l’établissement de relations inter-ethniques harmonieuses.

C’est sur ces trois objectifs que s’articuleront donc les interventions attendues lors de cette rencontre. Objectifs, le notera-t-on, récurrents à la pensée du Cheikh al-‘Alawî qui, il y’a près d’un siècle déjà, affirmait que les hommes, malgré toutes leurs différences, constituent « une vérité unique » (muttahid al-haqîqa). Le fait est écrit-il à ce sujet, que « l’individu humain est par rapport à la société humaine comme le membre par rapport au corps. Or, les membres diffèrent entre eux car diverses sont leurs fonctions. Mais on ne peut se dispenser d’aucun d’entre eux au quel qu’il soit, sous prétexte qu’il existe un autre membre ou organe plus noble : chacun d’entre eux est noble en raison de sa nécessité (Recherches philosophiques, r. VIII). Cette même idée que nous retrouvons chez l’Émir Abdelkader (1808-1883) lorsqu’il recommande à l’Homme de «considérer l’âme de ses semblables et la sienne comme venant d’une même Origine […] Dieu étant le Dieu du  tout ; il faut donc que nous aimions ce tout.» (C.f . Kitâb al- Mawâkif « Les Haltes »).


Ce 21 et 22 mars 2015 la fondation méditerranéenne…


 


 La Constitution de Médine : un texte occulté par l’Histoire

TOUALBI-THAÂLIBI Issam, Maître de Conférences à l’Université d’Alger I.

Le caractère multiconfessionnel de la société médinoise du VIIe siècle poussa le Prophète de l’Islam, l’année même de sa désignation à la tête de la Cité (623), à établir un pacte délimitant les droits et les devoirs des habitants de la ville sainte. Connue sous le nom de la Sahîfa ou ‘Ahd al-madîna « Pacte de Médine », et plus tard par celui de Dustûr al-madîna ou « Constitution de Médine », cette charte ne se contenta pas de reconnaître aux non-musulmans le droit à la liberté du culte, mais alla plus loin encore en les considérant comme des citoyens à part entière de la cité multiconfessionnelle : « les Juifs, les Médinois et les Mecquois forment une seule et même nation ; aux juifs leurs religions et aux musulmans la leur ». Malheureusement, les tumultes de l’histoire (croisades, invasions mongoles, reconquista…etc.) ne tardèrent pas à éclipser l’universalisme véhiculé par le Pacte de Médine, pour lui substituer en fin de compte une lecture des textes sacrés marquée un esprit de rancoeur et de mépris à l’égard de « l’Infidèle ».


La liberté de conscience en Droit algérien

SANA Rabeh, Chercheur et docteur en Droit de l’université de Perpignan


Préserver la pluralité culturelle : une démarche, une législation ?

AMAROUCHE Belkacem, Docteur en Droit (Université de Bruxelles), Député à l’Assemblée nationale représentant de la communauté algérienne en Europe

Vivre l’Universel via sa pluralité est une voie fiable de la Paix, de la liberté et du vivre ensemble. Ce chemin est aussi une pédagogie autour du respect de la création, des besoins et des souhaits de chacune et de chacun. Entre une démarche personnelle ou collective et/ou la nécessité de légiférer des textes de lois, nous allons répondre avec les présents aux colloque comment pourrions-nous préserver la pluralité culturelle ? Nous aborderons ensuite avec les présents la répartition des missions entre les membres d’une Cité et les outils utiles pour réaliser des actions et des projets adéquats à l’objectif défini.

Les commentaires sont clos.